Lutte contre la criminalité financière : l’appel fort de l’Honorable Hermione Bolumbe au Dialogue parlementaire en Côte d’Ivoire
Au cours du Dialogue parlementaire régional organisé en Côte d’Ivoire et consacré à la lutte contre la corruption, le blanchiment d’argent et le financement illicite des conflits, l’Honorable Hermione Bolumbe a livré une intervention d’une grande profondeur stratégique et politique. Devant les députés de la sous-région et les invités de marque, elle a dressé un diagnostic lucide d’une menace transfrontalière qui continue de fragiliser les économies africaines : la criminalité financière.
Un fléau qui prive l’Afrique de son développement
Chaque année, des milliards de dollars quittent illicitement les économies nationales à travers les Flux Financiers Illicites (FFI). Ces ressources détournées représentent des routes jamais construites, des hôpitaux non équipés et une insécurité grandissante dans les États de la région. Pour l’Honorable Bolumbe, il est impératif que la réponse collective soit « à la hauteur de la menace : coordonnée, technique et sans concession. »
Trois axes pour une action parlementaire forte
L’élue a rappelé que la responsabilité des parlements de la sous-région repose sur trois missions indissociables : légiférer, budgétiser et contrôler.
1. Légiférer pour harmoniser et renforcer le recouvrement des avoirs
La disparité des lois entre les pays de la région constitue une brèche que les criminels exploitent avec facilité. L’Honorable Bolumbe a insisté sur l’urgence :
- d’harmoniser les cadres juridiques, notamment en intégrant les directives CEDEAO/UEMOA et les recommandations du GAFI ;
- de légiférer sur le recouvrement des avoirs, en dotant les juges d’outils pour la confiscation non pénale (Non-Conviction Based Asset Recovery), indispensable pour frapper rapidement et efficacement les réseaux criminels au portefeuille.
2. Budgétiser pour mutualiser les moyens
« De belles lois sans budgets ne sont que des promesses », a rappelé l’honorable. Elle a invité les parlements à utiliser pleinement leur pouvoir budgétaire pour :
- financer la spécialisation des enquêteurs et magistrats dans la traque financière ;
- mutualiser les technologies entre les Cellules de Renseignement Financier pour faciliter la coopération et le partage d’informations.
Investir ensemble, affirme-t-elle, est la seule voie pour tarir durablement les flux illicites qui alimentent la criminalité transfrontalière.
3. Contrôler l’exécutif et garantir le recouvrement effectif
La parlementaire a rappelé que la mesure du succès ne réside pas dans les lois votées, mais dans les résultats tangibles : montants recouvrés, biens saisis, et réaffectation des ressources au bénéfice direct des populations.
Elle insiste :
« L’argent volé au peuple doit revenir au peuple. »
Ce contrôle exige rigueur, transparence et détermination pour éviter que les fonds récupérés ne disparaissent dans les labyrinthes administratifs.
Une conclusion forte : la convergence ou l’échec
Pour l’Honorable Hermione Bolumbe, la seule voie possible est celle de la convergence régionale. Face aux réseaux criminels et aux groupes terroristes qui menacent la stabilité de l’Afrique de l’Ouest, les parlementaires doivent :
- construire un cadre juridique solide et harmonisé,
- financer les outils nécessaires à l’efficacité,
- exiger le recouvrement total des richesses volées.
Elle a conclu en appelant à l’unité et au courage politique, avec un message clair :
« Travaillons ensemble pour que l’argent de l’Afrique de l’Ouest reste en Afrique de l’Ouest. »